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« Baladji Kwata », Le Groupe Patriotique camerounais



NGAOUNDÉRÉ - CAMEROUN


C’est dans le plateau de l’Adamaoua que tout a commencé avec trois jeunes Meknel, petit nono et Big Willy. Nous sommes dans la ville de Ngaoundéré. Un groupe passionné par les arts graphiques, la musique, le cinéma et l’animation. Il se détermine et se lance dans les arts avec des moyens de bords. Derrière le groupe un jeune qui s’affirme avec une volonté immense, il est plein d’avenir. Son talent était indéniable. Ce jeune vit à Ngaoundéré, c’est lui qui donnera une certaine flamme dans cette province de l’Adamaoua qui manquait les sonorités d’alors. Nelson était un garçon plein d’entrain qui croyait en lui et qui ne rêvait pas de l’occident comme les autres copains. Il avait une seule chance ses amis, je veux dire ce groupe dans lequel plongé et dévoué.


C’est en eux qu’il croyait, c’était sa seule famille, son seul pays son seul univers. C’est dans l’amitié qu’il tirera toute sa méthode, sa puissance, sa force et l’intelligence : aucune corde ne manque à son violon. Comme tout un débutant, il a ses modèles : les stars de cette génération comme P-Square ou Ténor… qui fait l’actualité. Ils sont d’ailleurs au sommet de leur art. Nelson pense les suivre, mais il lui vient en idée de créer son propre style. C’est un patriote qui adore l’histoire de l’Afrique, ses traditions, il prône le panafricanisme, tout ceci se révèle dans ses écrits. Dans L’animation, il se définit comme un « Soldat du Moral », c’est une vie ponctuée de fraternité, il se comporte d’ailleurs comme le grand frère, un vrai champion de la protection des plus jeunes, c’est vraiment un fer de lance au milieu des jeunes.

Mekinda Mekinda Le Baladjien ( Nelson )
Mekinda Mekinda Le Baladjien ( Nelson )

Le cinéma l’a toujours attiré et c’est devenu une de ses passions, il s’y lance sans grand moyen matériel, c’est avec les vieux portables qu’il filme les premières scènes qui feront les séquences de son ciné film, dans les railleries du groupe qui voit cela comme quelque chose d’ahurissant, comme au moyen-âge, mais rien de grand ne se fait sans passion.

C’est en 2017 avec Baladji ciné évolution & Meknel ciné, l’époque où ils rêvaient d’être à la hauteur des grandes productions de films hollywoodiens ou bollywoodiens qui alimentent les salles de cinéma de renom comme le cinéma le Nord ou la grande salle du cinéma Adamaoua. Tous émergent dans le groupe.

Ils maîtrisent à la perfection les effets spéciaux réalisés avec des ordinateurs et logiciels qu’ils apprennent sur le tas. Les blagues vont bon train. Que dire sinon « Les gens vont toujours Wanda sur les Mgbaticiens partout où ils vont, ils sont toujours les meilleurs » (une pensée de plus extraite de leur page FB) Le Mgabti on y reviendra, mais avance.

Le groupe qui évolue !

Des mois passent, les hommes se perfectionnent, avides des belles choses de l’esprit, ils se réunissent, ils se découvrent, ils arrangent et avancent l’enceinte conviviale de la vie qu’ils observent non sans émotion, beaucoup parmi eux auront ainsi appris.

Motivé par ce désir de toujours plaire à ces grandes occasions et pour l’édification de tous, Muss prend les devants, et il fait mal au point de représenter le Cameroun à la compétition internationale Nescafé One Song d’où il ressort 3e International.


La voix atypique de ce grand artiste de chez nous résonnera longtemps encore dans nos maisons. Ses textes sont semblables, à ceux de Lamartine dans les méditations poétiques. Des textes qui ensorcellent parce qu’ils s’adressent à nous tous, mais nous donnent le reflet de notre âme, quelles que soient sa profondeur et sa torpeur. Ils interpellent tous les âges, hommes, femmes, enfants, jeunes, vieux, toute classes sociales confondues, qui s’étalent devant notre fantaisie généreuse. Qu’on soit solitaire ou en groupe, on est concerné, de la grande classe ou de la petite, paysan ou citadin, nous sommes accompagnés par la valeur des artistes qui nourrissent nos sensibilités. Ce qui est touchant, c’est le naturalisme qui incarne leur quotidien. Écoutez la simplicité des discours dans ce passage, mais qui est plein de sens. « Si je ne postais pas ça, je sentirais que je n'allais pas dormir, c'est là tout le burlesque de leur animation dans un langage simple.

Je rêve d'être au cœur d'une émulsion d'énergie artistique. Merci à ses esprits réunis qui ont réalisés cette œuvre. C’est tous des diamants et les Saphirs, c'est catégoriquement et ancestralement puissant.

Bravo Floby ! bravo au réalisateur, l'Afrique est belle et riche en couleur. »

Ces jeunes ne sont pas renfermés sur eux, mais ouverts et prêts à ouvrir des portes et des chemins pour « les hier là » (la génération d’après). « Ils sont comme ça plein dans nos quartiers ils ont juste besoin de lumière ».

« Si ton activité n'est pas rentable après 1 an, ça ne veut pas dire que t'a échoué change juste de méthodes et surtout sois passionné, car c'est le carburant de la réussite » Avec cet autre de leur pensée nous faisons un bon en avant dans le temps quand ils leur viennent en idée de faire une reprise de Abba Djaouro, un artiste de la région ( 13 octobre 2021 ). Le principe était simple, faire honneur aux anciens, en reprenant une chanson et le remettre au gout du jour avec leur regard. Non seulement, ils sont habiles, mais aussi travailleurs passionnés et le résultat est rapide. « Le son sort demain Hoha on ne perd plus de temps ... » Un bavardage sensuel, enivrant et plein de coquetterie à l’Africaine, dans un langage chanté qui suggère les choses de la vie. Cela permet à celui qui l’écoute de se donner une référence selon sa propre connaissance et sa propre interprétation des faits. Mais seulement le lendemain, un événement tragique arrive à Buéa et par solidarité, ils arrêtent pour un instant leur épopée. Le 15 octobre 2021 l’annonce est faite « le truc est déjà dehors ohhhhhh ! On peut être coupeurs de route sans manger l'argent sal? la famille BALADJIEN à la réponse.

Un groupe poétique.


- Mekinda Mekinda nelson alias Meknel lo GRIOT - Wassande docko alias Dogui style - Abraham Assogna alias Devastador

- Kedam Guissi alias Mr Muss

- Mohammadou Bayero Abbo alias Abbo amigo

- Belke yackwe alias Bleck D’autres sont « dans l'ombre » mais demeurent membre du collectif.


Voilà des gens qui mettent des métaphores en chanson, passant par des jeux de mots et des jeux de mots harmonies comme ce gant de miel en plaisantant.

Un autre tempérament du groupe au niveau de leur chanson : les chansons ont l’air d’être parlées. Celui qui écoute le croit. À la vérité, il chante dans une vivacité de séduction et de finesse. C’est le mystère des réseaux sociaux. « Une chanson sort, VAP VAP, sans promo sans rien et ça prend comme ci ... Merde, moi-même ça me dépasse déjà. Merci pour la force la famille » : Nelson. Cette dernière invite les followers pour une aventure commune, « Écrivons le clip là ensemble... Bon les gars qu'est-ce que vous aimeriez voir dans la vidéo ». Les réponses vont affluer avec l’adhésion d’Alizaiin comédien, Fakala Richard artiste camerounais de super-héros ou la mère de Nelson qui joue le jeu aussi « Ma propre mère a donné la bénédiction ohh ! C'est graaave à Baladji, Sortez ohhhhhh c'est la maaagie ! .... Ce n'est plus les blagues, tu as donné la bénédiction le reste vas suivre."

Cette façon subtile de faire participer son public donne plus de mélodies et rend l’ambition de la mélodie, de l’harmonie, haut en couleur, en sons, en contrastes. Il permet à de transgresser les trois composantes importantes de l’ordre social : la tradition, la personnalité et la structure sociale.

Le groupe est maître des mots, un magicien des verbes et des formes. Il jongle avec les mots avec humour et fait danser à travers une musique très rythmique. Voilà pourquoi on pourrait croire qu’il est un pionnier dans l’Adamoua, un style qui ne fait pas rire aux éclats, mais qui fait sourire.

« Toi qui a cotisé tes KOLO … Tu seras fier de dire que tu as participé à ce projet, car ton nom sera cité dans le projet. C'est un défi pour nous de faire ce clip en grandeur NATURE dans la ville de N’Gaoundéré avec toute l'originalité du Grand Nord et les décorations de chez nous, afin d'accompagner nos lions indomptables ! ouuii nous aussi nous pouvons parler d'une même voix pour la réalisation d'un projet et merci a ceux qui nous font confiance nous n'allons pas vous décevoir ». « Fais un projet et tu verras tes vrais Frères, tes vrais amis, tes bons potes.


Vé rou zone le projet se fera ». « Nous sommes allés présenter le projet a des personnes, ils ont catégoriquement ignoré en nous méprisant sur ça, nous allons saufkeu réaliser ça hoha vous verrez ». En effet, ils l’ont fait avec une foi inébranlable. Leur seule déception sur ce projet : « Les GRIOTs ne pourront pas être là, on aurait bien voulu qu'ils viennent lors du tournage avec le monde orrrrr ».

Ils suivront et vivront cette CAN comme la plupart de Camerounais avec la passion du foot, largement évoqués dans nos articles ici à la rubrique sport. Ils iront plus loin répondant musicalement et avec beaucoup d’humour aux adversaires des lions indomptables comme la dernière marquante à l’occasion du match retour Cameroun Algérie à Blida.

Pour la qualification de la coupe du monde Quatar 2022, le Cameroun perd son match allé face à l’Algérie au Cameroun. Une vidéo virale d’un supporter Algérie promet aux Camerounais que la partie est terminés et que le match retour en Algérie ne changera rien. Pour ceux qui ont été vigile une video des Balajiens est posté ou Nelson observe ce supporter Algérie et l’écoute silencieusement et à la fin un seul mot ou plutôt un simple « tchip » comme réponse.

Et le match retour est arrivé, à la dernière minute de la partie, l’Algérie est battue et le Cameroun arrache son ticket pour le mondiale au Quatar sous les yeux médusés des Algériens, c’est le drame.

Immédiatement, c’est à croire qu’ils avaient anticipé la victoire des lions, normal, ce sont des mgabticiens ( Sorciers ), l’on découvre la vidéo des baladjiens qui répondent au fameux supporter avec cette chanson qui devient un véritable tube camerounais de leur label : « tchi-tchi ». Cette création arrive jusqu’à Universal qui leur propose un contrat et le tournage du clip.


C’est un groupe promoteur. Naturellement, chacun aime ce qu’il fait. Tout ce qui m'intéressait, c’était la sonorité, la musique simple, rythmée et captivante, ils en ont un, le style original du chanteur qui disait ses sermons sur fond musical et ses onomatopées, ce sont des artistes qu’on aimerait encore revoir parce qu’ils nous plongent dans une coulée poétique, ; il nous fait réfléchir sur les débuts des groupes. Leur ascension commence dès leur première vidéo. Commencé de façon embryonnaire

Grâce à cette nouvelle approche musicale, il lui est permis de parler d’amour, de sexe et de mort avec une pointe de dérision et d’humour. Cette façon très particulière produit des larmes de joie, une approche qui a rendu sa musique si appréciable et si juteuse.

Par Georges Mbaah

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